CYANOBACTÉRIES OU ALGUES BLEUES

Les algues sont des végétaux aquatiques qui sont dépourvus de racines, tiges et feuilles.  C’est pour cela qu’elles sont difficiles à agripper, qu’elles glissent entre les doigts.  Elles sont généralement microscopiques mais, si elles sont trop nourries, elles se multiplient et se condensent pour former des masses macroscopiques qui deviennent alors visibles.

Dans les écosystèmes d’eau douces, il existe trois grandes catégories d’algues : les algues vertes, les algues diatomées ou brunes, et les cyanobactéries ou algues bleues.  Ces dernières, indiquent des apports importants de phosphore (eaux usées, engrais ou produits chimiques, etc), qui teignent les eaux en vert ou forment des couches vert-turquoise lorsqu’elles sont trop abondantes.  Certaines produisent des toxines, et sont plus abondantes en fin d’été (eau chaude).

Lorsque les cyanobactéries sont trop abondantes, ainsi que les cyanotoxines associées, elles peuvent occasionner des perturbations écologiques et nuire à la santé des usagers.  Certaines toxines peuvent causer des irritations de la peau ou des effets allergiques.  D’autres affecter le foie, ou le système nerveux.  Il faut donc éviter tout contact ou toute ingestion de l’eau lorsqu’un boom de cyanobactéries se présente dans le lac.

Pour plus d’informations concernant les algues et les cyanobactéries, vous pouvez consulter l’un ou l’autre des sites suivants :

  • Regroupement des Associations Pour la Protection de l’Environnement des Lacs et bassins versants (RAPPEL)
  • Ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques du Québec (MELCCQ)
  • Institut nationale de recherche scientifique (INRS)

 

Rapporter une observation d'algues bleues

Depuis plusieurs années, l'association du lac Long Pond a fait partie du Réseau de Surveillance Volontaire des Lacs (RSVL) et a contribué au programme de Sentinelle des lacs.  Le ministère de l’Environnement et de la lutte aux changements climatiques désirant alors acquérir des données afin d'établir le niveau trophique d'un grand nombre de lacs et suivre leur évolution dans le temps.  

L’Association prélevait des échantillons d'eau et effectuait des mesures et des observations sur le terrain en suivant les protocoles qui lui étaient fournis.   Le résultat des prélèvements et échantillons étaient transmis au RSVL qui interprétait et colligeait les données et en communiquait par la suite, les résultats.  Vous pouvez consulter ces rapports dans la section ‹ Documentation › du site.

Le ministère demande maintenant aux associations de colliger des observations afin de documenter la situation de leur cours d’eau et de lui soumettre les faits saillants et leurs préoccupations pour discussion et interventions éventuelles.

Vous pouvez rapporter une observation en écrivant à associationlaclongpond@gmail.com accompagnée de photos, de localisation et d’une description du phénomène observé.

 

 

Gestion des risques d'éclosion des algues bleu-vert

Les  4 atouts du lac Long Pond

Nous pouvons compter sur quatre points forts de notre lac qui favorisent la qualité de l'eau et n'accélèrent pas le vieillissement de notre lac:

Lac de tête

Le lac Long Pond se trouve en tête du bassin versant, c'est à dire qu'aucun autre lac ne se situe en amont.  La qualité de l'eau n'est donc pas influencée par la condition d'autres lacs.  L'apport en eau vient des 8 tributaires du bassin versant et des sources souterraines.

 Bassin versant restreint 

Le rapport de superficie du bassin versant sur celui du lac est de 8,8 c'est à dire que le bassin versant fait près de 9 fois la superficie du lac.  À titre comparatif, certains des plus petits bassins versants des lacs de l'Estrie ont un bassin versant 4 fois plus grand que celui du lac tandis que les plus grands bassins versants de la région peuvent faire plus de 200 fois la dimension du lac.  Plus le bassin versant est grand, plus les sources d'apport en nutriments sont grandes au détriment de la qualité de l'eau.

Nos eaux se déversent dans le lac Trousers, lequel se déverse dans la rivière Missisquoi Nord ce qui nous inclut dans le grand bassin versant de la rivière Missisquoi Nord.

Marais 

Les ruisseaux des deux grands marais aux extrémités nord et sud du lac s'écoulent dans une topographie plane caractérisée par une forte présence de végétation aquatique, ce qui en fait un élément filtrant efficace.  

Occupation du territoire

En 2009, le bassin versant du lac était majoritairement forestier avec un couvert arborescent occupant plus de 75% du territoire.  Plus nous conservons la nature intacte, plus nous filtrons l'eau qui se déverse dans le lac et plus nous parvenons à maintenir la qualité de l'eau.

 

Les points vulnérables du lac Long Pond

Tous les utilisateurs du milieu sont appelés à mettre sur pied différentes actions pour améliorer la qualité de l'eau.  Il est à noter que plus on agit rapidement, plus les chances de succès sont grandes.  Il revient à l'ensemble des utilisateurs du milieu de prioriser les actions à entreprendre.  Certaines peuvent se faire à court ou à moyen terme alors que d'autres peuvent être envisagées à plus long terme en fonction des ressources disponibles.

Voici les éléments à propos desquels nous devons être vigilants pour ralentir le vieillissement de notre lac.  

Eutrophisation du lac

Le lac Long Pond est classé oligo-mésotrophe.  Ce terme savant signifie que le lac a atteint  un stade intermédiaire de vieillissement comme la très grande majorité des lacs en Estrie.  À ce stade, la qualité de l'eau est encore bonne pour les activités aquatiques mais des apports en nutriments peuvent rapidement faire basculer le lac vers un stade de vieillissement avancé où les plantes et les algues aquatiques envahiraient le lac comme dans un étang.  L'envasement du lac est observé au stade oligo-mésotrophe et déjà certaines espèces aquatiques comme la truite ne peuvent plus supporter les conditions de vie qu'offrent le lac.

Prévention:  on ne peut empêcher quelqu'un de vieillir, même chose pour un lac.  Cependant vieillir en santé est possible avec de bons soins.

Topographie

Plus du quart du pourtour du lac comporte des pentes modérées à fortes ce qui exige une attention particulière quant à l'entretien des routes et des fossés.  En effet, la vitesse de l'eau dans une pente forte est accélérée ce qui provoque l'entraînement des particules de sols vers le lac (érosion).

Prévention: conserver une bande riveraine intacte, réparer les portions de sol à nu, revégétaliser.

Profondeur du lac

L'eau d'un lac se réchauffe plus rapidement dans un lac peu profond.  À part deux fosses atteignant 10 mètres de profondeur, le lac Long Pond a une profondeur moyenne d'environ 5 mètres seulement.

Prévention: limiter le réchauffement du lac en ombrageant les murets de pierre et en revégétalisant le bord de l'eau.

Mine de cuivre

Ces résidus issus de l'exploitation d'une mine de cuivre se trouvent surement dans une couche profonde des sédiments (aucune étude n'a encore été réalisée sur ce sujet). Malgré la réhabilitation efficace de l'ancienne mine de cuivre, il est primordial de ne pas libérer les sédiments qui se sont déposés au fond du lac au cours des années 50.  Pour ce faire,  vous devez éviter de brasser les sédiments avec des embarcations à moteur.

 Prévention: éviter de remuer le sol  pouvant contenir des résidus de mine.

Érosion

Parmi les multiples causes favorisant l'eutrophisation d'un lac, l'érosion, bien que fréquemment sous estimée, compte parmi l'une des plus importantes. L'érosion est un mécanisme où les particules du sol sont détachées et déplacées de leur point d'origine.  L'eau et le vent sont les principaux éléments déclencheurs de l'érosion. 

Prévention: adopter de bonnes pratiques de construction de routes et de fossés, protéger les sols à nu et favoriser une bande riveraine saine.

 Aménagement du territoire

La construction de chemins et de fossés sur les terrains privés n'est présentement pas règlementée au niveau municipal ce qui rend le suivi difficile.  Nos membres présents au comité consultatif en environnement (CCE) de la municipalité travaillent à la rédaction et à l'adoption de tels règlements.  

Prévention: adopter des pratiques écologiques lors de la construction des résidences et de l'aménagement de routes et de fossés. Règlementer au niveau municipal et appliquer la règlementation.

Population importante autour du lac

Des quantités importantes de phosphates sont issues des excréments humains et des produits ménagers.  L'utilisation de produits non biodégradables, de produits toxiques et d'engrais nuisent à la santé du lac.

Prévention:   bien entretenir ses installations septiques, utiliser des produits nettoyants sans phosphates, éliminer les engrais de nos bandes riveraines, faire l'inventaire des sources de pollution du bassin versant de notre lac.

Bande riveraine du lac et de ses tributaires

Le règlement municipal impose une bande riveraine de 5 mètres.  Le non respect par certains résidents est déplorable d'autant plus que 15 à 30 mètres seraient nécessaires pour véritablement protéger le plan d'eau.

Prévention:  laisser la nature prendre sa place et son rôle sur une bande de 10 mètres du bord de l'eau du lac et des ruisseaux. Planter des arbustes au bord de l'eau.  Éliminer les engrais. Éviter de construire des chemins près des ruisseaux.

 

Communiqué sur les cyanobactéries au lac Long Pond émis le 19 septembre 2012

Cyanobactéries - piste de solution - Le Soleil 2011-11-12

guide de bonnes pratiques - algues bleu-vert

Algues-bleues - 2012 - La Tribune

Produits recommandés et non recommandés

Les savons et les détergents

Phosphate dans nos savons

Prévenons l'explosion des algues bleues

Les cyanobactéries

Algues bleues -  Nature Quebec 4 septembre 2007

Guide d'identification des fleurs d'eau de cyanobactéries

Algues bleues - bilan 2011 - MDDEP